Valorisation agricole des urines humaines

Historique


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Contexte


Le principe de valorisation des excréments humains est ancien. Plusieurs pays, comme la Suisse et la Suède, travaillent depuis les années 90 à remettre en œuvre ce principe en développant de nouvelles techniques comme celle de l’Aurin. En France, le tout-à-l’égout s’est imposé comme la principale voie de traitement des eaux usées. Pourtant, les urines représentent 1% de leur volume pour 80% de l’azote et 50% du phosphore, nutriments essentiels à la croissance des plantes.

Les enjeux de la valorisation des urines sont multiples : moins de consommation d’eau, moins de consommation d’énergie en stations d’épuration, moins de rejets de polluants azotés dans les cours d’eau (Seine, Marne...) et moins de dépendance aux engrais azotés chimiques.

Le Plateau de Saclay est un terrain d’expérimentation idéal avec 208 765 habitants : il dispose d’une source d’urine importante et de lieux de valorisation très proches géographiquement, avec ¼ du territoire en surface agricole.

Le VivAgriLab réalise un travail d’animation et de coordination des différentes parties prenantes (chercheurs, agriculteurs, acteurs de l’aménagement et de l’assainissement) pour mener à bien un projet pluridisciplinaire de valorisation agricole des urines humaines bien bien pour suivre ses impacts agricoles mais aussi environnementaux.

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Les projets menés sur le territoire du VivAgriLab



Le projet de valorisation agricole des urines humaines est né d’une réflexion initiée lors des Ateliers de Saclay organisés en 2016 par le “VivAgriLab”. Dans le cadre du programme OCAPI, Fabien Esculier, qui réalise à cette période une thèse sur le système alimentation excrétion de l’agglomération parisienne, présente ses premiers résultats. La valorisation des urines sur le territoire permettrait de créer une boucle d’utilisation des ressources à l’échelle locale : l’azote des habitants du plateau serait ainsi utilisé pour fertiliser les cultures voisines.

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Territoire du projet :
Plateau de Saclay

Partenaires
  • VivAgriLab de Terre et Cité ;
  • Chambre d’Agriculture d’Ile-de-France ;
  • Etablissement Public d'Aménagement Paris-Sacaly (EPAPS) ;
  • INRAE ;
  • LEESU ;
  • Evoloop ;
  • Ferme de la Martinière.

Objectif du projet :
Le projet UrinAgri a été financé par l’ADEME dans le cadre de l’AMI Low Tech et par l’EPAPS dans le cadre de la compensation collective agricole. Son objectif est d’accompagner la construction d’une filière de valorisation agricole des urines humaines sur le Plateau de Saclay. Pour cela, il comporte une dimension sociotechnique, il a été décidé de réaliser en 2021 une enquête à l’échelle du territoire pour évaluer la faisabilité de ce projet, tant du point de vue de son acceptabilité socio-technique que des potentielles conditions logistiques pour le mener à bien. Cette étude a été actualisée en 2022 auprès des agriculteurs du Plateau de Saclay dans un contexte d’augmentation du prix des engrais azotés et d’une perspective d’installation de dispositifs de séparation à la source à grande échelle sur le territoire. La dimension agronomique a pour objectif d’accompagner les agriculteurs dans ce changement de pratique, en quantifiant l’effet fertilisant de l’urine sur blé et maïs selon différents protocoles et en comparaison de l’ammonitrate, engrais azoté chimique actuellement utilisé sur le Plateau.
Résultats :
Les principaux résultats des essais menés sur le blé en 2019 ont montré que les urines apportent des niveaux de fertilisation azotée similaires à ceux des engrais de synthèse. Ces résultats indiquent que l'utilisation des urines humaines pourrait être une alternative viable et durable pour la fertilisation des cultures, en particulier dans le contexte de l'agriculture biologique où la disponibilité en azote est souvent limitée.

Tous les agriculteurs interrogés trouvent le projet intéressant et voient la valorisation des urines humaines comme logique, similaire à l'utilisation du lisier. Ils reconnaissent des bénéfices environnementaux si les risques de volatilisation et de ruissellement sont gérés.

Les agriculteurs expriment des préoccupations concernant la faisabilité de la démarche, préférant une forme solide ou liquide concentrée. Des enjeux logistiques ont été soulevés, notamment la nécessité de matériel coûteux et le risque de tassement des sols dû à des passages répétés sur les champs.
Les maraîchers sont intéressés par l'utilisation des urines comme booster fertilisant, mais écartent son utilisation à long terme en raison des risques de résidus pharmaceutiques. Ils demandent plus de tests agronomiques et une évolution de la réglementation.

La réglementation actuelle constitue un frein majeur à l'utilisation des urines en agriculture biologique. Les agriculteurs souhaitent des expérimentations si la réglementation évolue.

Les personnes interrogées soulignent l'importance de la participation à l'économie circulaire et la réduction des rejets d'azote dans les eaux usées, notamment dans la Seine.

Une communication claire et transparente sur les avantages de l'utilisation des urines comme fertilisant est jugée nécessaire pour surmonter les freins psychologiques et réglementaires.

Ces nouvelles discussions ont montré une grande acceptation ainsi qu’une appropriation du procédé. Il a été décidé d’inclure l’analyse de l’accumulation des micropolluants organiques sur les sols fertilisés avec les urines récoltées dans le lot C1.5B aux expérimentations agronomiques prévues à partir de 2023. L’EPA Paris-Saclay a de plus reçu un avis favorable pour sa réponse à l’appel PIA4 (4ème programme d’investissements d’avenir) où l’équipement de bâtiments avec collecte séparative des urines sur la ZAC de Corbeville et dans le quartier du Central a été mis en valeur.

Pour répondre aux inquiétudes des enquêtés vis-à-vis des résidus médicamenteux, une extension du projet, le projet MedUrinAgri, a été décidée, en partenariat avec des chercheurs du LEESU et de l’INRAE]. [Consultez le volet MedUrinAgri ci-dessus].

Ressources
Territoire du projet :
Plaine de Versailles, Plateau de Saclay
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Objectif du projet :
Mobiliser les processus clefs impliqués dans le fonctionnement des sols pour améliorer les services écosystémiques des agrosystèmes dans le cadre du développement de nouvelles pratiques culturales permettant de diminuer le recours aux intrants de synthèse et s’inscrivant dans le cadre d’une démarche d’économie circulaire à l’échelle d’un territoire.
Dans le cadre de ce projet, des essais ont été réalisés à la Ferme de la Martinière et une modalité “urine” a été ajoutée au projet grâce à des financements du LEADER.

PSDR PROLEG : Des essais au champ pour mieux évaluer l’intérêt des produits résiduaires organiques en zones de grandes cultures péri-urbaines ont abouti aux résultats suivants :
  • Les nouveaux PRO (Produits Résiduaires Organiques) peuvent soutenir les agriculteurs dans leur réflexion sur la fertilisation organique locale ;
  • Des résultats de laboratoire sur la minéralisation et les teneurs en métaux ont été obtenus ;
  • Une restitution partielle des résultats aux territoires a eu lieu ;
  • Il existe une bonne dynamique locale autour des PRO, avec des essais financés par des agriculteurs et de nouveaux projets émergents (urine, biodéchets) ;
  • Les essais chez les agriculteurs favorisent la dynamique territoriale, mais offrent moins de contrôle expérimental.

Résultats
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Valorisation des projets


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